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Refus de la main tendue de Kamto: Dupond Moretti et Cie mettent en garde Biya

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La menace est à peine voilée, et constitue une réplique cinglante aux fanfaronnades du régime Biya qui se répand en propos vaniteux sur les médias internationaux depuis que Maurice Kamto, prenant en toute responsabilité la mesure de l’enlisement de la crise postélectorale a affirmé, via l’avocat français Dupont-Moretti, qu’il était disposé à discuter avec Paul Biya, le bénéficiaire du vol du hold-up électoral d’octobre 2018.

On se souvient qu’au lendemain de la conférence de presse donnée par le pool des avocats de Maurice Kamto et de ses 203 alliés et militants détenus, conférence de presse au cours de laquelle, dans le but de faire la courte échelle à un Etat camerounais englué dans de nombreuses crises sociopolitiques, Me Dupont-Moretti et son associé Me Antoine Vey, avaient montré la disposition de la défense à trouver un arrangement -fut-il mauvais- plutôt que de s’obstiner à aller à un procès qui, in fine, déboucherait inéluctablement sur sa victoire devant les instances internationales plus respectueuses des instruments juridiques régissant les droits et libertés (« celui qui revendique la victoire d’une élection doit être capable de rencontrer celui qui la conteste (…).

Ce qui est clair, c’est qu’il y a une situation dans laquelle il a été jeté en prison sans raison, de manière arbitraire et que l’une des étapes du dégel de cette situation est qu’ils puissent se parler », avait déclaré Dupont-Moretti), le ministre camerounais de la Communication, se méprenant sur les véritables motivations de la démarche de Kamto, s’est fendu de déclarations maximalistes et provocatrices, tendant non seulement à sacraliser son dieu de président qui est selon lui au dessus du genre humain et ne peut se rabaisser à discuter avec son prisonnier sur qui il a droit de vie et de mort, mais aussi à donner l’impression que le plus célèbre des prisonniers politiques camerounais de ces quarante dernières années, mendiait sa liberté et celle de ses partisans qui dépendraient du bon vouloir de leurs bourreaux.

René Sadi, était allé plus loin en recommandant à l’avocat Dupont-Moretti de se limiter à la mission de défense de ses clients au lieu de se muer en médiateur :

« Nous demandons à M. Moretti, qui n’est pas venu au Cameroun comme médiateur, de s’en tenir strictement à la mission qui est la sienne, c’est-à-dire défendre son client (…). Le président Biya n’est pas à mettre sur le même pied d’égalité que monsieur Kamto, qui est un citoyen comme tout le monde ».
Un contresens doublé d’une méchanceté gratuite à l’endroit des Camerounais, dans la mesure où ce dont le Cameroun a le plus besoin par ces temps de crispation du climat sociopolitique autour des deux crises majeures que sont la gestion du contentieux politique né de l’élection présidentielle et celle de la crise anglophone, c’est plus d’une médiation permettant aux parties en conflit d’arriver à un minimum de consensus synonyme de normalisation que de l’affirmation de l’autorité d’un régime dont l’essentiel de l’action est fondé sur l’arbitraire et donc susceptible de n’œuvrer qu’au pourrissement continuel.

La sortie grosse d’extrémisme du ministre camerounais a cependant eu le mérite de dévoiler les intentions bellicistes du régime qui entend par là que tout le monde s’écarte pour le laisser montrer à ceux qui le contestent de quel bois de répression il se chauffe. Une posture de plus en plus inadmissible dans le monde contemporain où les droits humains s’affirment plus que par le passé comme une donnée non négociable et qu’on ne peut ni contextualiser, ni tropicaliser. D’où la réponse du berger à la bergère que constitue la réaction ferme de l’avocat internationaliste français Me Antoine Vey, membre du Conseil de la défense de Maurice Kamto, camarades et alliés :

« Il n’a jamais été question pour nous d’avoir un rôle de médiateur dans cette affaire… Il s’agissait plutôt de laisser la possibilité d’avoir recours à un peu de sagesse dans une situation plutôt ubuesque. Et si on estime qu’on n’a pas ce droit, alors on va tout simplement redevenir avocat ».

Et de nouveau, voilà le piège qui se referme sur le régime et son porte-parole un peu trop zélé, qui se noient en riant. Car « redevenir avocat » signifie tout simplement pour les avocats de Kamto, suivre Biya et sa clique sur le terrain conflictuel qu’ils préfèrent pour leur grande perte.

N’est-ce pas dans cette optique que Maurice Kamto et ses coaccusés ont exigé que le juge militaire leur signifie par écrit sa compétence à juger des civils coupables simplement d’avoir marché et chanté dans la rue en guise de protestation pacifique contre le hold-up électoral , de s’être faits tirer dessus à « balles réglementaires » -probablement en papier- par des policiers qui après les avoir blessés leur demandaient de « marcher » ou leur expliquaient que c’était pour les empêcher d’aller de nouveau parler à la télévision ? Il était question pour Kamto l’intelligent, d’avoir des preuves que le Cameroun qui a ratifié des conventions et traités internationaux interdisant le jugement des civils par des cours militaires, avait transgressé ces textes. Avec la suite que l’on peut imaginer.

Avec: https://www.camerounweb.com

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