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Liberté d’expression ou liberté d’incendier : quel usage faisons-nous de ce concept au jour d’aujourd’hui ?

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La liberté d’expression, c’est-à-dire le droit d’exprimer librement ses opinions, fait partie des libertés fondamentales. Cette liberté est aussi l’une des premières que les régimes totalitaires enlèvent aux citoyens.

L’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 énonce la liberté d’expression de la manière suivante : ‘’Tout individu à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit’’, fin de citation.

Cette disposition universelle à première impression, souffre de restrictions aux éventuels dérapages à l’usage de cette prérogative fondamentale qui constituent souvent une source de malentendu ou des actions judiciaires contre leurs auteurs.

Ce vide a été comblé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté en 1966 en son article 19 qui précise ‘’que la liberté d’expression peut être soumise à certaines restrictions, qui doivent être prescrites par la loi et être nécessaires’’. Ces restrictions concernent deux volets, l’intérêt public et la protection de la réputation ou des droits d’autrui.

Bref, un cadre juridique présenté pour nous permettre de comprendre l’intérêt de cette analyse. Deux faits nous conduisent au problème posé dans l’intitulé de cette analyse : Un certain Didacien Kossimatchi, coordonateur des comités de soutien au pouvoir du président centrafricain Faustin Archange Touadéra, a été interdit d’accès aux médias publics par le Haut Conseil de la Communication (HCC) en raison de ses prises de paroles à caractère incendiaire contre des personnalités ou des règlements politiques ; Abdoulaye Miskine, un ancien chef rebelle connu de ses nombreux faits criminels, a exprimé ses sentiments sur la gouvernance actuelle du pays tout en réclamant des postes politiques.

Pour le cas Didacien Kossimatchi, cette décision nous paraît juste et justifiée au motif que ce dernier n’occupe véritablement pas une fonction qui lui permette de telles déclarations incendiaires pouvant alimenter davantage la haine politique que le pays et le peuple n’a pas besoin. Faire accéder les médias publics à de tels individus qui n’ont que le règlement de compte politique à véhiculer aux populations, constituerait un danger contre la cohésion sociale.

Quant à Abdoulaye Miskine, ses déclarations ne comportent en rien quelque chose de nuisible ou d’attentatoire à la sécurité publique. C’est juste un homme qui apparaît fragilisé et se voit obligé d’exprimer son désarroi ou sa nostalgie due à un intérêt qu’il vise et qu’il n’obtient pas encore.

En tout état de cause, la parole est désormais libérée avec le progrès de la technologie grâce aux réseaux sociaux, tel le cas de Miskine qui s’en est servi pour susciter l’émoi et la consternation de par ses propos simpliste que je qualifie de non événement. Mais aussi, grâce aux médias, tel le cas Didacien qui lui était allé un peu à l’excès en se transformant en tribunal politique.

Au demeurant‚ la liberté d’expression ne doit pas être confondue à la liberté de désordre dans une République. Faire des déclarations à caractère politique atypiques aux règlements de compte est dangereux pour l’intérêt public et contre la protection des réputations. Toutefois‚ ces dénonciations nous laissent réfléchir sur la moralité et l’honnêteté de la pratique politique de nos gouvernants. Il n’y a jamais de fumée sans feu‚ dit-on.

Le peuple réclame juste le bon fonctionnement de l’Etat et l’entente cordiale entre ses dirigeants !

 

William Dehou‚ Juriste chroniqueur Nantes le 08 mars 2018

 

 

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