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France-Centrafrique-Basket-Ujap Quimper : Jimmy Djimrabaye, la Centrafrique au coeur

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Jimmy Djimrabaye, ici sous le maillot de la sélection centrafricaine, est la nouvelle recrue de l’Ujap. Il fera ses grands débuts, ce dimanche, face à Poitiers. | FIBA

Jimmy Djimrabaye a rejoint l’Ujap Quimper cette semaine, en qualité de pigiste médical d’Alexis Desespringalle. L’international centrafricain, formé par Vichy, et passé par Gravelines, se fend d’un attachement particulièrement fort à son équipe nationale. Un choix qui s’explique par des raisons affectives, mais pas seulement. Le joueur fera ses grands débuts avec Quimper, ce dimanche, face à Poitiers (17 h 30).

Entre Bangui et le Tchad

Jeune, il narguait depuis la rue les fractures qui ont façonné l’histoire de la Centrafrique. Avec une balle en cuir dans les mains, « à défier les grands du quartier », passant outre les confessions. Hélas, les fissures qui écartèlent cet état pivot de l’Afrique, en proie à une guerre civile qui oppose chrétiens et musulmans, ne sont pas comblées. Elles ont fait de la rue un terrain de guerre, à défaut d’un terrain de jeu. Jimmy Djimrabaye (26 ans, poste 4) est né là, dans un Bangui effervescent, où la jeunesse oscillait avec insouciance entre deux sports rois. « Le basket et le foot. Mais le basket a gagné des titres (2 coupes d’Afrique) (rire). 

À 16 ans, alors qu’il partageait son quotidien entre la Centrafrique et le Tchad voisin, « Jim » délaissa les crampons, encouragé par une croissance hors norme. La sélection nationale sera à la fois le filon pour sortir du pays et l’occasion de faire converger les regards sur son profil d’intérieur tanké. La CAN 2008 avec les U18 (dont il fut le meilleur rebondeur) sera son passeport pour… Vichy. « J’avais eu des touches avec Gravelines. Mais à Vichy, j’ai tout de suite eu affaire au coach. ».

Le « système Borg »

En Auvergne, celui qu’on surnomme « Samouraï » en référence à sa bravoure intègre les codes locaux. Il y sera formaté par Jean-Louis Borg, son « lanceur » en Pro A (en 2009-10), initiateur d’un socle défensif qui a fait la réputation de ses disciples. Dont celle de Djimrabaye, dur sur l’homme. « Jean-Louis, je ne le remercierai jamais assez, concède son protégé de l’époque. C’est lui qui a ’’ fabriqué’’ ma vision du basket. Il nous interdisait de sauter sur les feintes. Depuis, je ne mords plus (rire) ! » Après une grosse saison chez les espoirs en 2009-2010 et avoir été responsabilisé par Laurent Sciarra, le Centrafricain du cœur de la France connaît un premier gros pépin, avec l’opération d’un genou dont il peinera à retrouver la plénitude. « J’ai signé à Gravelines en étant blessé. » Dans son malheur, l’interessé a de la chance, indissociable d’une forme de destinée, pour celui qui demeure d’une grande piété.

Le Nord…

Gravelines… Dans le Finistère, Djimrabaye y retrouvera peut-être ce parfum de bout du monde. Là-bas, ce fut le début du travail de l’ombre, dans un costume de soldat de bout de banc. « Ça n’est pas le genre de mec à tirer la couverture », promet Nicolas De Jong, son ex-coéquipier à Vichy. De fait, de son année au BCM (en 2012-13), jusqu’à une forme de purgatoire à Berck (2015-16, en N1), le néo-Quimpérois ne connut la lumière que lors d’une finale de Coupe de France, face à Strasbourg, au cœur de l’épopée du Portel, en mai 2015. « Avec un coach (Eric Girard) très humain », faisant ton sur ton avec les « grandes qualités humaines » (dixit De Jong) du joueur africain lui-même.

« Je ne me suis pas arrêté »

Le Nord ? L’homme aurait pu y faire son nid. Ç’aurait été renier un attrait magnétique pour la sélection nationale. « Quitte à refuser des propositions en Pro B. J’ai besoin d’y aller. »Sans doute, là aussi, pour forcer le destin. Celui d’une nation pour qui le sport et son calendrier sont autant d’occasions pour (re) créer une identité. « En 2015, on avait fait une tournée régionale en pleine crise. Les dirigeants avaient diffusé une vidéo. Musulmans, chrétiens… De l’hôtel à la salle, les gens couraient derrière le bus, et ne posaient plus la question de savoir qui ils étaient. » Ou ce à quoi ils croyaient.

En lice pour une qualification au Mondial 2019, les Fauves ont ainsi accaparé tout le mois de septembre de celui qui en est un des piliers. Là encore, « le pays » avait pris le pas sur le fait de trouver un club à tout prix, après une saison clairsemée à Orléans. « Je ne me suis jamais arrêté, tient-il à rassurer. J’ai bossé avec un préparateur belge. Je suis prêt. » L’Ujap ne demande qu’à voir.

 

 

 

Ouest-France

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