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Chronique: Du renouvellement de la classe politique à la rupture idéologique en France, quelle inspiration pour l’Afrique centrale ?

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Longtemps, une partie de l’Afrique francophone notamment l’Afrique centrale, demeure dans les velléités de la confiscation du pouvoir, avec la prépondérance d’une génération immuable. De même, depuis toujours où ces Etats accèdent à l’indépendance, les objectifs de développement fixés par cette génération ne sont pas toujours atteints pour multiples raisons. Nous, cette nouvelle génération, sommes déprimés de constater toujours la prééminence des pratiques rétrogrades relatives au sabotage de nos constitutions, le clanisme basé sur des intérêts entre amis et régions et encore la violation des libertés dont cette ancienne génération n’admet pas que des critiques objectives et constructives soient formulées au nom des valeurs démocratiques pour faire évoluer les choses.

La France, la patrie mère des pays africains francophones qui, depuis des temps reculés, joue un rôle prépondérant dans tous les aspects de la vie de nos Etats pauvres, soit par des politiques plus ou moins correctes et incorrectes, soit aussi par apports d’investissement pour les aider à avancer, est entrain de connaitre une nouvelle ère dans le domaine politique.

Par ailleurs, le constat reste amer où rien ne bouge favorablement pour les populations des Etats africains francophones qui sont à majorité jeunes. D’aucuns disent souvent que c’est dans l‘intérêt de la France de parfois soutenir des dictatures dans cette partie de l’Afrique pour juste maintenir sa position dominante face aux pays émergents qui y ont des énormes ambitions. La raison qui justifierait ces soutiens, serait qu’avec les mêmes depuis longtemps au pouvoir, il y aurait une parfaite collaboration entre eux et les acteurs politiques français puisque les uns et les autres ont des intérêts aussi partout qu’ils veulent protéger. Or, si on laisse la nouvelle génération avertie et compétente de ces pays prendre le dessus, les choses ne seront pas les mêmes puisque celle-ci a tendance à dire non à ces pratiques en sa défaveur.

De ce regard contextuel et historique des relations entre la grande France et cette partie de l’Afrique et au vu de la récente élection présidentielle française dont deux candidats sont admis au second tour qui probablement se dessine sur la victoire d’un certain jeune français (Emmanuel Macron) de 39 ans issu d’aucune idéologie politique des grands partis traditionnels français, l’on serait tenté de s’interroger si une nouvelle ère s’annonce pour la politique mondiale où des grandes nations telle que la France dont les peuples commencent à tourner ou rejeter les anciennes idéologies et générations ? De même, chez nous dans nos petits Etats en Afrique notamment centrale, cette situation pourrait-il inspirer leurs peuples ? Si oui, nos omniprésents et omnipotents dirigeants seraient-ils prêts à se soumettre à un tel vent de changement profond que les différents peuples expriment à travers les urnes auquel ils résistent par la répression sanglante ? Si Emmanuel Macron devient président de cette grande France, quelle réponse donnerait-il à la souffrance ou à l’exaspération de la jeunesse africaine sur ces problèmes démocratiques et socioéconomiques sachant qu’il est lui aussi jeune ?

Autant de questionnements dont les réponses dépondraient de la réaction de chaque peuple de ces différents Etats africains francophones toujours souffrants  et impatients. Ce qui est certain, dans mon pays natal la République centrafricaine, il y a une certitude, ce n’est pas facile qu’un président s’accroche au pouvoir au-delà de 10 ans depuis son existence politique. Mais toujours est-il, notre génération a toujours mal de cette classe dirigeante du pays composée toujours des mêmes personnalités qui par le passé ont eu à faire leur preuve avec des bilans plus souvent décevants mais qui reviennent toujours.

Le véritable problème c’est la communauté internationale qui soutient notre pays, elle attache le plus du prix à ces gens pensant naïvement qu’ils sont les seuls supers qualifiés, compétents ou encore intellectuels que s’ils ne sont pas là ou que si on ne passe par eux, on pourrait rien faire. Or, il y a des compétences et qualifications nouvelles dans le pays et même au niveau de la diaspora (pas que la France) qui s’adaptent bien plus au nouvelles réalités mondiales dont ne définit pas véritablement une bonne stratégie de les recenser  pour les pousser à revenir dans leur pays et se mettre au rendez-vous des actions de développement tant dans le secteur privé que le secteur public. Mais parfois, certains sont dépourvus du sens élevé de patriotisme préférant renier leur propre patrie.

Quoiqu’il en soit, les choses changeront, et ce vent qui commence à souffler partout, emportera les récalcitrants. Le révolutionnaire !!!

William Dehou, Juriste chroniqueur Nantes le 27 avril 2017

 

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