Home 10 Actualité 10 chronique du jour: La bourgeoisie politico-administrative, un handicap mental à la promotion du secteur privé en RCA
chronique-bnews1

chronique du jour: La bourgeoisie politico-administrative, un handicap mental à la promotion du secteur privé en RCA

Share Button

Le Document de Stratégie et de Réduction de Pauvreté (DSRP II), établi par le Ministère du Plan, de l’économie et de la Coopération internationale, chargés des pôles développement, en collaboration avec ses partenaires en 2008, a indiqué dans l’une de ses rubriques que l’emploi en RCA reste essentiellement public en raison du système de formation et d’enseignement supérieur du pays basé le plus sur des domaines classiques dont les compétences ne sont accessibles la plus part des cas qu’à la fonction publique.

Les jeunes qui sortent d’une formation ou d’un enseignement supérieur sont à 80% orientés vers des emplois publics et politiques que privé, car les réalités socioprofessionnelles, en fonction des compétences en Centrafrique, ne débouchent que sur la bourgeoisie politico-administrative comme l’alternative la plus plausible qui soit à même de faire vivre dignement un individu.

La république centrafricaine compte 4,9millions d’habitant selon les données de France /Diplomatie avec un budget moyen annuel de 100 à 200 milliards de FCFA. Elle est frappée par des crises socio-économiques et militaro-politiques à plusieurs reprises, ce qui ne favorise pas son essor économique dont la situation est assimilable à un marasme économique sévère caractérisé par l’absence de production et de commercialisation des biens issus des activités industrielles, commerciales et artisanale d’envergure.

A s’en tenir au budget national annuel du pays avec ce modique montant de 162.9 milliards de FCFA pour une dépense de plus de 200 milliards établie par le parlement il y a quelques mois, il y a de quoi s’inquiéter pour le développement humain dans ce peuple meurtri dans sa chair depuis des années. Pour une population de presque 5 millions d’habitants, le budget de l’Etat ne fait qu’une centaine de milliards contrairement aux autres pays du continent notamment le Bénin qui réalise plus 1000 milliards de FCFA, le Congo 3000 milliards, Gabon, Cameroun un peu plus élevé, mais disons-le, ces pays ont la chance d’avoir accès à l’économie maritime (port autonome), à la manne pétrolière, aux exploitations forestières etc, qui leur génèrent des ressources fiscales importantes.

Cette situation met à mal, d’abord le financement des charges régaliennes de l’Etat dans tous ces aspects, ensuite des initiatives visant à la promotion du secteur privé qui souffre de mécanismes appropriés dans ce sens depuis bien longtemps. Toutefois cette cause n’est pas qu’une, il y en a d’autres aspects à souligner pour argumenter ces velléités relatives à l’emploi en Centrafrique.

Dès lors en quoi consiste concrètement l’handicap mental à la promotion du secteur privé du fait de la bourgeoisie politico-administrative  évoqué dans l’intitulé de l’article?

Une mentalité préalablement préparée qu’à la fonction publique et politique

On ne le dira jamais assez, depuis l’accession de la république centrafricaine à l’indépendance en 1960, elle peine à construire une société responsable, équitable et prospère sauf les quelques entames d’un modèle au cours de l’année 1970 avec le régime dictatorial de l’empereur Bokassa 1er qui est celui qui a entamé la construction de cette nation sur de bonnes bases avec des performances économiques appréciables selon les réalités de l’époque, mais qui a fini par se détruire du fait de ses erreurs de choix ou fantaisies politiques mégalomanes.

D’après les réalités socioprofessionnelles en RCA depuis son existence politique, les mentalités sont préparées à occuper des fonctions administrative et politique après les études supérieures ou secondaires. Même les non-instruits ne visent que la fonction administrative ou politique, ce qui alimente cette situation de mauvaises performances de l’administration avec une ressource humaine non qualifiée et difficilement évolutive. Ce problème vient souvent du fait que les hauts fonctionnaires publics et politiques du pays pratiquent le népotisme, le régionalisme, le clanisme ou le favoritisme aveugle dans leur choix et attributions des postes ou d’intégration.

L’administration du pays est gavée des individus dont les compétences et niveau d’instruction relèvent du primaire avec des lacunes pas possibles, digne de quelqu’un qui n’a pas maitrisé le socle commun de base de connaissance scolaire pour faire face à de simple situation de vie courante.

L’autre raison, qui justifie cet empressement massif du monde instruit à la fonction publique et politique, résulte des avantages dont un individu pourrait bénéficier lorsqu’il serait nommé haut fonctionnaire de l’Etat ou élu de la nation.

Vivre une vie de rêve en réalisant ses projets d’existence, il faut des moyens suffisants. L’homme est homo-conatus (homme de désir illimité) qui a toujours besoin de vivre une belle vie aussi longtemps que possible avec des besoins énormes dont les ressources sont rares. Or quand on est nommé ministre ou Directeur dans une fonction ou société publique et politique, l’on aura facilement à manier ou gérer des centaines de milles voire de millions pour en tirer profit, c’est ce qui justifie cet enclin naturel à n’opter que pour ces fonctions en Centrafrique dans le milieu intellectuel de toute catégorie confondue, dont les jeunes s’en plaignent au quotidien en raison de la saturation et de la mainmise féroce de l’ancienne classe lettrée et intellectuelle du pays qui domine la scène.

Les autorités administratives et politiques du pays, une fois en fonction, réalisent sans problème leurs projets, le plus souvent en usant de la contribution nationale de façon incorrecte (détournement de fonds publics, confiscation de bien de l’Etat etc). Elles donnent l’impression d’être les bourgeois de la société, de ce fait ils sont adorés et très respectés alors qu’ils vivent le plus souvent sur le dos du contribuable qui est le peuple ignorant.

L’éducation dans chaque société centrafricaine respective pousse toujours les jeunes à n’emprunter que ce chemin qu’on juge le mieux pour la réussite alors qu’ailleurs, le monde change avec de nouvelles compétences et domaines d’insertion socioprofessionnelle dans un cadre entrepreneurial que public en vogue et très serré en RCA.

Tous ces défis viennent du fait que les différents régimes qui ont succédé à ce pays n’ont su fixer des priorités et stratégies dans ce sens qui soient à même de promouvoir le secteur privé dans le pays.

Des idées prospectives en faveur de la promotion du secteur privé en RCA

Il est logique et rationnelle qu’après avoir présenté l’état des lieux d’une situation ou la dénoncer, il faut faire des propositions, du moins alimenter des idées prospectives pour relever les défis évoqués.

La question de l’emploi est d’envergure nationale, elle implique en premier lieu la responsabilité de l’Etat, des chefs d’entreprise et peut-être maintenant de l’implication de certaines institutions de la communauté internationale.

Les données concernant le chômage en Centrafrique sont alarmantes, les structures et performances économiques étant difficiles, la catégorie de la population la plus jeune se retrouve en grave difficulté d’insertion socioprofessionnelle, elle est caractérisée par le chômage, le sous-emploi, mauvais emplois, le désœuvrement, sans qualification etc.

Les jeunes ne rêvent que de partir à l’étranger pour des aventures pensant à tord ou à raison trouver l’eldorado quelque part. La majorité des jeunes interrogés tant au pays qu’à l’extérieur disent qu’ils font face à des difficultés primaires de moyens initiaux d’insertion socioprofessionnelle dans un cadre entrepreneurial, c’est-à-dire après leur formation, ils ne peuvent  facilement accéder à des crédits ou prêt bancaires pour se procurer des instruments ou outils de production afin de démarrer leur entreprise en raison des garanties que les banques exigent.

C’est dans le souci de juguler ce phénomène que nous allons formuler ces propositions simplistes comme pistes à explorer par les pouvoirs publics et privés en faveur de la promotion du secteur privé et de l’entrepreneuriat des jeunes en RCA :

  • Institution d’un forum stratégique d’évaluation périodique ou permanent entre l’Etat et le Patronat visant à explorer et améliorer les politiques de la promotion du secteur privé ;
  • Instituer une semaine de l’emploi qui sera un rendez-vous entre les entreprises et les jeunes, elle permettra aux jeunes de rencontrer directement les entreprises et discuter avec elles sur les opportunités qu’elles leur offrent selon leur niveau de formation ;
  • Alléger les politiques fiscales en faveur des entrepreneurs de manière à encourager l’entrepreneuriat économique et à favoriser l’investissement extérieur visant à la création d’entreprise et d’emploi à travers des concurrences et compétitivités du marché ;
  • Développer le secteur de l’énergie pour permettre aux entreprises d’être plus productives et performantes dans leur activité industrielle, artisanale ou commerciale.

Nous avons des barrages qui puissent alimenter l’ensemble de la sous-région d’Afrique centrale, mais paradoxalement l’électricité est fournie seulement 8h par jour et par secteur dans la capitale, ses environs et, le reste du territoire ne dispose pas d’électricité. Cette situation ne favorise pas l’implantation des grandes entreprises, usines et, les productions de quelques minuscules entreprises existant dans le pays ne peuvent accroitre ;

  • Enfin, il faut envisager la création d’un Fond ou un Crédit de l’Etat pour la subvention, du moins le financement des projets d’entreprise sérieux et éligibles des jeunes, avec un mécanisme de financement participatif de tous les acteurs sensibles du pays (privé et public), géré par une institution administrative et financière publique créée spécialement pour cette cause.

Je terminerai par cette morale : penser la jeunesse, c’est construire une société responsable et stable avec un avenir meilleur et certain. Ne pensez pas que la jeunesse est un problème de la société, mais plutôt une solution à ces défis de l’heure. Ne considérez pas le ministère de la jeunesse comme un poste de récompense politique, mais plutôt une institution de technocrates qui définit les grands projets pour l’avenir d’une nation. Car, la jeunesse occupe 70% de la population possédant des compétences vivantes et d’actualité qui soient à même de booster le développement économique et politique de la RCA en vue de révolutionner les choses tandis que les anciens n’ont que des compétences des lignes (littérature, le savoir bien parlé, lu et écrit français).

DEHOU William Georges, jeune juriste, militant des droits de l’homme, penseur sur des questions de société, politique, économie et jeunesse, Article rédigé et finalisé à Nantes en France le 22 septembre 2016

Facebook Comments
Share Button

About admininfo

Check Also

maxresdefa

Centrafrique : le CICR souhaite davantage de ressources en 2018 pour faire face aux besoins humanitaires

 Des responsables du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont é...

1602-44911-au-cameroun-en-moins-de-2-ans-dangote-cement-a-ravi-a-lafarge-holcim-le-leadership-sur-le-marche-du-ciment_M

Congo-Brazza : Dangote inaugure une cimenterie doublant les capacités de production du pays

La première cimenterie du milliardaire nigérian Aliko Dangote au Congo-Br...

2016-10-27t233234z_195584533_s1aeujlvigaa_rtrmadp_3_romania-china_0

Zimbabwe : la Chine nie avoir été prévenue du coup de force

La visite en Chine quelques jours avant le coup de force de l’armée du m...

One comment

  1. Definitely believe that which you stated.
    Your favourite justification appeared to be at the net the simplest factor to be mindful of.
    I say to you, I certainly get irked while people think about
    issues that they just don’t recognise about. You controlled to hit the nail upon the top and also outlined out
    the whole thing without having side-effects , folks
    could take a signal. Will likely be again to get more. Thanks

%d blogueurs aiment cette page :