Home 10 a la une 10 Chronique: De la peur à la dénonciation ouverte, le président centrafricain Faustin Archange Touadera veut-il ouvrir une nouvelle page d’histoire ?

Chronique: De la peur à la dénonciation ouverte, le président centrafricain Faustin Archange Touadera veut-il ouvrir une nouvelle page d’histoire ?

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Ça s’est passé il y a quelques jours seulement sur les ondes d’un des médias internationaux français, France 24 qui a eu le privilège d’accorder une interview au président centrafricain Faustin Archange Touadera. Plusieurs questions ont été abordées, parmi lesquelles, les plus importantes, évoquent la nouvelle coopération centrafricaino-russe et l’insécurité difficilement maîtrisable du fait des groupes armés qui se font maîtres dans plusieurs provinces du pays.

A l’issue de cette interview tant marquée par la qualité des questions du journaliste que la probité intellectuelle dans les réponses du président centrafricain, une séquence n’a cessé de défrayer la chronique et marquer les esprits dans l’opinion nationale. Il s’agit de la dénonciation ouverte de deux sujets français par le chef de l’Etat centrafricain, Bernard Cousin et Christophe Rennaiteau d’être derrière les groupes armés en vue de déstabiliser son pouvoir et la RCA en général. Dans la foulée, les informations circulent comme quoi le parquet de Bangui a lancé un mandat d’arrêt national et international contre ces deux présumés agents déstabilisateurs français.

Tout ceci passe en une vitesse de croisière, ce qui attire la curiosité du citoyen lambda qui se livre, comme d’habitude, à des interrogations lucides afin de toujours chercher à comprendre ce qui se livre son intérêt et survie. Ainsi, la première interrogation serait de savoir comment est ce que le chef de l’Etat centrafricain parvienne à dénoncer ces présumés agents déstabilisateurs ? Dispose-t-il des éléments assez convaincants et probants qui l’autorisent à faire une telle dénonciation sur une onde aussi internationale ? Les services de renseignement du président sont-ils importants et efficaces pour arriver à des indices sur les actes des dénoncés ? Sachant que la France a toujours fait la pluie et le beau temps en RCA et que les intellectuels et politiciens centrafricains l’ont toujours respectée, se soumettent parfois à ses directives, le président centrafricain à l’ère de grave crise dans son pays voudrait-il dire à son peuple qu’il doit ouvrir une nouvelle page d’histoire marquée désormais sur des valeurs de franchise en vue de le rassurer ? Est-ce la nouvelle coopération centrafricano-russe qui semble partir sur de bonnes bases qui commencent à inquiéter l’ancien partenaire traditionnel de la RCA, la France au point d’employer toute sa stratégie d’antan aux fins d’importuner le pouvoir du pays et ainsi dissuader les partenaires sincères susceptibles d’aider autrement ce pays ? Après le président équato-guinéen Obiang Nguema qui avait dénoncé des sujets français dans une affaire de tentative d’un coup d’état manqué contre lui, aujourd’hui c’est le tour du centrafricain Toudéra, la France et ses agents en Afrique sont-ils encore crédibles dans des actions qui supposent la coopération ?

D’interrogations aux interrogations, on n’en finira jamais avec la question de coopération internationale de la RCA avec les autres. L’histoire est têtue et nous rappelle toujours des travers dont ce peuple a depuis toujours été victime. Au regard de ce qui se joue avec les groupes armés dans ce pays, le centrafricain normal ne peut que chercher à savoir qui est qui, qui veut quoi et pourquoi, qui doit aider sincèrement pour faire vivre paisiblement cette nation. Le chef de l’Etat, par sa dénonciation, est entrain de mettre les centrafricains débout et courageux. Cet exemple doit désormais être copié par tous pour repérer et traduire tous ces agents déstabilisateurs si leurs actes arrivaient à être prouvés devant les instances qui conviennent. Cette affaire interpelle notre conscience patriotique dont la suite doit nous édifier davantage pour enfin rendre confiance à ceux qui nous gouvernent.

Qui vivra, verra !

William Dehou, Juriste chroniqueur Nantes le 07 Juin 2018

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