Home 10 Actualité 10 Centrafrique: La lecture logique de l’église sur les derniers drames à Alindao.
alindao Bangassou

Centrafrique: La lecture logique de l’église sur les derniers drames à Alindao.

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« Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Chers confrères dans le sacerdoce, très chers (es) amis (es), frères et sœurs dans le Christ, depuis un certain moment notre diocèse fait l’objet d’une ébullition inopinée aux méandres inextricables. Des explications fusant de partout nourrissent des rumeurs qui laissent incertains sur ce qui se passe réellement, a déclaré Monseigneur Mgr Cyr-Nestor YAPAUPA, Evêque.

Nous vous proposons de lire ce qui suit pour en savoir plus sur la situation exacte de notre diocèse et de la région qui le loge, la Basse Kotto.

« Faute de connaissance mon peuple périt ! » (Os 4, 6). Ainsi pourrait se traduire la réalité dramatique de cette histoire tragique que le peuple centrafricain n’a jamais fini de vivre au cœur de son histoire jusqu’aujourd’hui. En effet si la réalité globale de ce pays de prédilection logé au cœur de l’Afrique n’a jamais cessé d’être définie qu’en termes de catastrophe, de guerre, de violence, de rébellion, de famine, d’épidémies, -bref- des fléaux de toutes sortes, ceci est la conséquence fatale d’une absence cruelle de connaissance…

Ainsi, connaitre au sens de s’informer et d’informer, de s’instruire et d’instruire est un chemin de perfection de notre connaissance qui est appelé à devenir instruction et formation de soi pour l’information et l’éducation de l’autre, vice versa, en vue d’étudier et de prévenir. A ce titre, nul ne peut prétendre connaître véritablement s’il ne s’informe et informe les autres, s’il ne s’instruit et instruit les autres sur ce qu’il sait ou qu’il vit. Ainsi un devoir moral s’inscrit dans notre conscience comme un appel à partager ce que nous savons, ou ce que nous vivons à d’autres personnes pour rendre compte de notre connaissance.

C’est alors en vertu de ce devoir que nous voudrions bien informer les opinions sur la situation que nous vivons ici dans le diocèse d’Alindao, assumant ainsi notre responsabilité de “porte-parole des sans voix” en considération de notre ministère. L’objectif de notre démarche n’étant nullement une entreprise visant à fustiger un groupe ou une personne, nous voudrions tout simplement nous faire assumer un devoir de partage avec ceux qui voudraient bien s’intéresser à la situation de la Basse Kotto, et plus particulièrement à celle du diocèse d’Alindao qui en pâtit.

  • Un pays en mal de stabilité : Un quinquennat de galère dans la Basse Kotto

 

Depuis près de Cinq (5) ans aujourd’hui nul n’ignore la situation sécuritaire dramatique dans laquelle est plongée la République Centrafricaine. Des faits vécus et rapportés çà et là tant par les tierces que les médias à travers ce pays infesté de présence massive des hommes en armes faisaient état de ce que nous étions véritablement entrés depuis le 24 Mars 2013 dans un processus d’Etat fantôme qui n’avait que son nom pour figurer sur la carte de l’Afrique et son ombre qui ne représentait pas grand-chose sur l’échiquier mondial.

Des dommages humains et matériels laissés par le passage de ce vent d’insécurité provoqué par la nébuleuse rébellion séléka ne sont pas à dénombrer car leurs affres sont aussi bien dépréciables qu’incomptables. L’église catholique du diocèse d’Alindao, à l’instar d’autres diocèses du pays, a payé ainsi un lourd tribut du passage de cette rébellion car les dégâts laissés sur son parcours demeurent très marquants sur nos bâtiments vandalisés, dans nos esprits affectés par les épreuves subies lors de cette crise.

 

  • Une région entière dans le racket des hommes en armes

 

En effet, nul n’ignore aujourd’hui qu’à partir de la sortie Est de Bambari (-capitale de la Ouaka-) jusqu’à Mobaye (-capitale de la Basse Kotto-), une dizaine de barrières érigées par les selekas aux fins de racketter et de contrôler systématiquement la population de cette région est institutionnalisée. En dépit de tout, des événements illustrant le règne de ces hommes en armes ne manquent pas. Dans différents lieux de cette contrée où sévit cette gente armée plusieurs souvenirs d’actes ignobles commis sur les biens et les personnes demeurent pendants dans les mémoires.

Quelques besoins urgents à satisfaire pour nos déplacés

Sur le plan alimentaire : Il ya un sévère manque de vivres (nécessité d’une distribution de riz, d’huile, du sucre, de la sardine, etc.). En effet, ce conflit a davantage révélé les limites de la culture du vivre au jour le jour sans une réserve pour le lendemain. Tous ces déplacés ne vivent que de leurs produits champêtres et de la cueillette qui est la caractéristique des hommes de notre région. Et comme le contexte sécuritaire actuel est de plus en plus défavorable à la réalisation de leurs activités quotidiennes, la famine leur ouvre ses portes.

Habitat et logement : D’abord il est très urgent de leur fournir actuellement des bâches, des nattes, des couvertures, des moustiquaires etc. pour leur permettre de se mettre à l’abri des intempéries (pluies, chaleur caniculaire etc…) car les cases de fortune construites à la hâte pour la circonstance expose à plusieurs dangers aux conséquences sanitaires probablement graves d’ici peu. La saison pluvieuse qui a déjà débuté ici, va nous rendre la tâche difficile et aura des répercussions graves sur le plan sanitaire si nous n’arrivons pas à offrir à temps des kits d’habitation décents à tous ces déplacés. Ensuite, une action à court, à moyen et à long terme pourra penser à une aide à la reconstruction des maisons détruites tant les réalités sont aussi dramatiques que critiques à cause de la misère qui rongeait bien déjà la population avant cette crise.

 

Sur le plan sanitaire : En dépit de l’intervention de l’ONG CORDAID à travers des soins ciblés, l’essentiel reste à faire. Car, il faut qu’il ait une équipe qualifiée du personnel soignant pour œuvrer en permanence sur le site. Et si on peut aider aussi la CODIS (Coordination Diocésaine de la Santé) à avoir une ambulance pour accroître sa capacité d’action du “Bon Samaritain” auprès des déplacés, ce serait une bonne chose pour nos déplacés. Après ce traumatisme subi, beaucoup d’enfants et de femmes présents sur le site ont besoin d’une assistance morale par le biais d’un psychologue.

Par manque de moyens financiers, toutes les conditions hygiéniques ne sont pas encore réunies sur le site. On ne dispose pas encore de latrines, de toilettes appropriées et de points d’eau pouvant suffire à tous ces déplacés.

 

Sur le plan sécuritaire : Une unité des forces onusiennes s’est déployée sur le site depuis le Mardi 10 Mai 2017. Pour faciliter le travail de reconnaissance des intrus dangereux qui pénètrent dans le site, la Caritas diocésaine a mis en place un groupe de jeunes pour travailler en collaboration avec les éléments de la MINUSCA. La prise en charge de ces jeunes (qui assurent aussi la surveillance sur le site jour et nuit) est aux frais de la Caritas. Nous souhaitons vivement que le dispositif sécuritaire de la Minusca soit renforcé au niveau des sites, et la sécurisation des civils dans la ville passe entièrement aux mains des forces armées centrafricaines (FACA). Ceci redonnera très rapidement la confiance à la population qui aspire à un retour imminent à la vie normale.

 

Sur le plan éducationnel : Toutes les écoles restent fermées depuis le début de cette crise jusqu’à l’heure actuelle. La date des examens officiels et de fin d’année académique étant proche, si d’autres entités peuvent soutenir notre effort de plaidoyer en faveur de la reprise des cours en vue de sauver cette année académique en cours dans notre région, ce serait salutaire. Le nombre pléthorique des enfants non scolarisés et d’orphelins recensés sur le site demeurent aussi une préoccupation quotidienne pour nous.

Sur le plan religieux : Nous restons ouverts au dialogue et à toute action en faveur de la cohésion sociale. Nous ne cessons de prier journalièrement pour cette situation qui a un effet gravant sur la foi. Pour ces derniers et pour toutes les personnes créées à l’image et à la ressemblance de Dieu nous ne cessons d’offrir nos prières au Seigneur de la vie qui dispose de tout.

Mgr Cyr-Nestor YAPAUPA, un homme de foi et d’espérance au cœur des épreuves secouant ses fidèles. On retient de ses slogans habituels : Alindao ! zingo na lango ! (Alindao ! Réveille-toi !).

Un texte que vous pouvez retrouver son intégralité via la rédaction beafricanews.

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