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Centrafrique : Bangui-Beloko, le Corridor de la paix

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Le Projet européen d’Appui au Redéploiement des Forces de sécurité intérieure et à la Restauration de l’Autorité de l’État vise à faciliter la circulation sur la route menant au Cameroun.

Vendredi, 26 avril 2019, les travaux de construction de la nouvelle barrière des Forces de sécurité intérieure, FSI (Police, Gendarmerie, Douanes, Eaux et Forêts) à PK 26, ont démarré par la démolition des anciennes installations. Cette activité est le véritable coup d’envoi des travaux de modernisation des postes de contrôle des FSI sur le Corridor Bangui-Beloko.

Long de 1500 km, le Corridor Bangui –Douala est la voie terrestre la plus importante pour l’économie centrafricaine et les échanges entre le Cameroun et la République centrafricaine. Ne disposant pas de débouché maritime, la République centrafricaine utilise en grande partie le Port de Douala pour l’exportation et l’importation de ses marchandises généralement acheminés sur le corridor Douala-Bangui, par camions et autres véhicules.

En février 2014, en pleine crise armée née du renversement du président François Bozizé, le coordonnateur du Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT) du Cameroun, El Hadj Oumarou, avait observé, en deux mois d’arrêt de circulation des camions sur le Corridor, plus de 8 milliards de FCFA de perte dans les échanges Cameroun-RCA. C’est dire combien cette route est importante pour les deux pays.

Mais lorsque les conflits armés ne forcent pas l’arrêt de la circulation ce sont les contrôles répétés qui agacent les transporteurs et les commerçants. En effet, la multiplication des postes de contrôle illégaux a été observée depuis la crise de 2013 et le Projet européen d’appui au Redéploiement des FSI sur le Corridor vise, entre autres, à réduire ces tracasseries qui parfois sont les causes de la flambée des prix des produits importés sur le marché centrafricain.

« À chaque contrôle, nous devons nous arrêter pour donner de l’argent, au moins 2 000 Fcfa par poste de contrôle et entre Beloko et Bangui, il y en a au moins 18 », nous indique un transporteur rencontré à un poste de contrôle à l’entrée de Yaloké. Conscient de cette situation, le gouvernement centrafricain et l’Union européenne ont décidé, par ce projet doté de 8 millions d’euros environ, de sensibiliser les agents lors des séances de formation, de leur donner des équipements professionnels pour une bonne organisation du travail et surtout de construire des barrières légales et reconnaissables.

Depuis près de quatre décennies, les crises militaro-politiques à répétition font de la République centrafricaine (RCA), un des États les plus instables du continent africain : 5 coups d’État réussis après l’indépendance, plusieurs mutineries au sein des forces armées, et surtout la prolifération des poches de rébellions dans le Nord et le Nord-Est. la RCA est donc frontalière avec des États qui vivent ou qui ont vécu la violence pendant de longues années : la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Soudan, le Soudan du sud et le Tchad.

Seul le Cameroun, stable depuis son indépendance en 1960, lui offre une frontière moins tumultueuse, en plus de lui permettre ce débouché sur l’océan atlantique. C’est par le port de Douala que s’effectue l’acheminement de la majorité des produits importés rencontrés sur le marché centrafricain et c’est par ce port que la RCA effectue ses exportations.

L’appui de l’Union européenne à l’amélioration du trafic sur cette route est donc une immense aide destinée à soulager des riverains espérant que la modernisation des barrières ira de pair avec le changement des mentalités de la part des Forces de sécurité intérieure.

Rappelons que le Projet européen d’Appui au Redéploiement des Forces de sécurité intérieure et à la Restauration de l’Autorité de l’État en RCA a été lancé officiellement le 8 décembre 2018 à Bangui. Le projet a déjà procédé à des sessions de formation des agents FSI et entend continuer tout au long de l’année 2019. Ce projet est une initiative du gouvernement centrafricain, financé par l’Union européenne et mise en œuvre par l’opérateur Civi.Pol.

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