Centrafrique : L’AFJC réinstalle sa clinique juridique dans la ville de Berberati à l’ouest du pays

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BERBERATI – L’association des femmes juristes de Centrafrique vient de réinstaller sa clinique juridique à Berberati. La cérémonie a eu lieu le lundi dernier en présence des autorités administratives, locales et les activistes des droits de l’Homme.

La persistance de la crise dans le pays entraîne toujours les violations des droits de l’homme. C’est dans ce contexte que pour lutter contre ces violences, plusieurs acteurs se lancent comme l’AFJC pour l’ouverture des cliniques et centres d’écoutes, afin de faciliter l’accès des victimes à la justice et lutter contre les violences basées sur le genre.

Cette réouverture contribue à réduire les violences faites aux femmes et aux enfants dans la localité. Les activités ont été suspendues dans cette partie du pays à causes des violences dans le pays.

Créée en 1992, l’Association des femmes juristes de Centrafrique vise à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, comme l’a rappelé la présidente de l’AJFC Mme Poutou Nadia Carine Fornel, lors de la cérémonie. « L’AFJC fait la promotion et la défense des droits de l’homme et ceux des femmes et enfants en particulier. Nous allons développer des stratégies pour cette clinique et les centres d’écoute afin de lutter les violences basées sur le genre », a-t-elle déclaré.

Cette activité est organisée dans le cadre du partenariat stratégique entre les organisations des droits de l’homme et celles des victimes afin de lutter contre les violences basées sur le genre et faciliter l’accès des victimes à la justice. L’ONG Cordaid en Centrafrique a soutenu cette activité.

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Centrafrique: La MINUSCA condamne les tentatives de déstabilisation du FPRC

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La Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) condamne les tentatives de déstabilisation menées par le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et se dit déterminée à défendre son mandat.

Au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSCA ce mercredi, le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, a qualifié de provocation inacceptable les agissements de ce groupe armé qui « s’inscrivent frontalement contre le processus de paix et les autorités légitimes centrafricaines, qui sont pleinement soutenues par la MINUSCA »

« La MINUSCA réitère sa détermination à protéger les populations ainsi que les institutions centrafricaines », a indiqué le porte-parole, soulignant que l’intervention des casques bleus le 23 avril dans la Mambéré Kadeï (sud-ouest de la RCA), pour stopper le mouvement d’éléments armés du groupe Siriri, témoigne de la pleine détermination de la MINUSCA à remplir son mandat ».

Le porte-parole a appelé les groupes armés à la cessation des hostilités.

Le porte-parole est par ailleurs revenu sur la rencontre, mardi au siège de la MINUSCA, entre le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga-Anyanga, et une délégation de femmes du KM-5, au cours de laquelle le chef de la Mission a rappelé l’objectif de l’opération de rétablissement de l’ordre public lancé conjointement par les casques bleus et les forces de défense et de sécurité centrafricaines, le 8 avril dernier, pour mettre fin aux activités criminelles de groupes criminels et protéger la population.

Lors de la conférence de presse, le porte-parole de la MINUSCA a également abordé la situation des droits de l’homme ainsi que le projet de réduction de la violence communautaire, mis en œuvre dans plusieurs localités notamment Bria et Bangassou.

« A Bria, 691 armes dont 27 fonctionnelles, 4 non fonctionnelles et 660 armes de fabrication locale ainsi que neuf grenades et 22 roquettes ont été collectées dans le cadre du projet de réduction de la violence communautaire.

Au total, 855 bénéficiaires dont 338 femmes sont enregistrés dans le projet.

A Bangassou, le nombre de bénéficiaires du projet est de 938 tandis que plus de 900 armes ont déjà été collectées”, a précisé le porte-parole.

Sur le plan des droits de l’homme, le porte-parole a indiqué que 54 incidents d’abus et de violations ayant affecté au moins 78 victimes, ont été enregistrés par la Mission dans tout le pays, entre le 18 et le 24 avril 2018. 

De son côté, le porte-parole de la Police de la MINUSCA, Capitaine Leo Franck Gnapié, a évoqué les mesures prises sur le terrain, pour faire face à toute escalade de la violence et barrer la route aux criminels, citant des interventions menées notamment à Bambari et à Kaga-Bandoro.

« A Kaga-Bandoro, le 23 avril, une patrouille de la Police de la MINUSCA a intercepté un pick-up avec deux individus armés à bord, qui ont été trouvés en possession d’un fusil de guerre avec un chargeur et 148 munitions. Le véhicule et ses occupants ont été conduits à la base de la MINUSCA où une enquête a été ouverte », a dit le porte-parole.

Pour sa part, le porte-parole de la Force, Major Séraphin Embondza, a indiqué que le calme s’installe dans la plupart des localités en dépit de quelques actes isolés de violences et de tensions perpétrés par les groupes armés, dont l’attaque de la force de la MINUSCA par le groupe Siriri, à Nassolé, (environ 55 km de Berberati dans l’Ouest du pays).

Le porte-parole militaire a décrit une situation de retour au calme dans le pays, avant d’indiquer que le Commandant de la Force de la MINUSCA ainsi que le Commandant adjoint se sont rendus à Kaga Bandoro, à Dekoa et à Sibut ainsi qu’à Paoua pour « s’enquérir de la situation sécuritaire dans ces localités et prendre des dispositions nécessaires face aux menaces du FPRC. Ces visites permettent à la Force de la MINUSCA d’assurer la protection de la population et de rassurer ».

Parfait Onanga-Anyanga reçoit les femmes leaders de PK5

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga s’est entretenu avec une délégation des femmes de PK5 au quartier général de la MINUSCA, le mardi 24 avril.

 

 

Interview du chef de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga

 

 

 

MINUSCA

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RCA : Un nouveau-né sur 24 meurt chaque mois selon l’Unicef

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Le rapport de l’Unicef intitulé : « le monde manque à ses devoirs envers les nouveau-nés » rendu public mardi 20 février 2018 à New York place la République Centrafricaine au deuxième rang des dix pays au monde où la mortalité à la naissance reste « élevée et alarmante ». Le pourcentage selon le document s’élève à 41%.

« La République Centrafricaine est deuxième sur la liste des pays où il est dangereux de naître avec un enfant qui meurt sur les 24 qui sont nés dans le mois des causes évitables pour la mortalité néo-natale », a précisé Docteur Speciose Hakizimana Ndabihore, Représentante de l’Unicef à Bangui.

L’Unicef à travers ce rapport relève que « les bébés nés dans les pays les plus sûrs ont jusqu’à 50 fois moins de risques de mourir au cours du premier mois de leur vie ».

« Les bébés nés au Japon, en Islande et à Singapour ont le plus de chances de survie, tandis que les nouveau-nés au Pakistan, en République Centrafricaine et en Afghanistan sont les plus mal lotis », souligne le rapport.

« Si le nombre de décès chez les enfants de moins de 5 ans a été divisé par plus de deux au cours de ces 25 dernières années, il n’en va pas de même pour les décès intervenus durant le premier mois de vie », a indiqué Henrietta H. Fore, directrice générale de l’Unicef. « Sachant que la majorité de ces décès peuvent être évités. Nous manquons à l’évidence à nos devoirs envers les bébés les plus pauvres », a-t-elle mentionné.

L’agence onusienne précise par ailleurs que ce taux élevé aux « principaux facteurs » dont « les naissances prématurées, les complications pendant l’accouchement et les infections, responsables de 80% des décès ». Or, ces décès peuvent être évités grâce à l’accès à des personnels soignants qualifiés. Aujourd’hui dans les dix Etats au monde, « les femmes ont moins de chances de bénéficier d’une assistance à l’accouchement compte tenu de la pauvreté, des conflits et de la faiblesse des institutions ».

La situation est telle que « si chaque pays parvenait à ramener son taux de mortalité néo-natale au niveau des pays à revenu élevé d’ici à 2030, 16 millions de vies pourraient être sauvées », relève le rapport.

L’inégalité en matière de survie d’après l’Unicef est palpable. Le taux de mortalité néo-natale les plus élevés se situe au Pakistan (1 pour 22), en République Centrafricaine (1 pour 24) en Afghanistan (1 pour 25) et le dernier au Tchad (1 pour 28). Le taux le plus faible est enregistré au Japon ( 1 pour 1111), en Islande (1 pour 1000), au Singapour (1 pour 909) …. en République de Corée (1 pour 667).

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6 février: Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

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« La dignité, la santé et le bien-être de millions de filles sont en jeu ; il n’y a pas de temps à perdre. Ensemble, nous pouvons et devons mettre fin à cette pratique néfaste. » — António Guterres, Secrétaire général de l’ONU

Les mutilations génitales féminines recouvrent l’ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Elles sont reconnues au niveau international comme étant une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles.

Elles sont le reflet d’une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes et des filles. Ces pratiques violent également leurs droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être à l’abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.

Pour encourager l’abandon des mutilations génitales féminines, il faut mettre en œuvre des initiatives coordonnées et systématiques mais aussi impliquer l’ensemble des communautés sur la question des droits fondamentaux et celle de l’égalité de sexes. Ces initiatives doivent mettre l’accent sur le dialogue social et permettre aux communautés d’agir elles-mêmes, collectivement, en vue d’éliminer cette pratique. Elles doivent aussi pouvoir répondre aux besoins des femmes et des filles qui subissent les conséquences de cette pratique, en particulier en matière de santé sexuelle et reproductive.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dirigent conjointement le plus grand programme mondial visant à accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines. Ce Programme conjoint FNUAP-UNICEF est concentré dans 17 pays africains et soutient également différentes initiatives régionales ou internationales. Les 17 objectifs de développement durable (ODD), adoptés en septembre 2015, visent à transformer notre monde au cours des quinze prochaines années. Ils poursuivent les efforts menés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), de 2000, qui ont amélioré la vie de millions d’individus à travers le monde.

Le FNUAP travaille avec les gouvernements, différents partenaires et d’autres institutions des Nations Unies afin d’atteindre ces objectifs, en particulier l’objectif 3 sur la bonne santé et le bien-être, l’objectif 4 sur l’éducation et l’objectif 5 sur l’égalité entre les sexes, tout en contribuant également à la réalisation des autres ODD.

Le thème de cette journée est également abordé par l’Initative Spotlight, un projet mené conjointement par l’Union européenne et les Nations Unies afin d’éliminer toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles. Parmi les cibles de cette initiative : la violence sexuelle et basée sur le genre, et les pratiques néfastes en Afrique sub-saharienne.

Chiffres clés :

  • 200 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi l’une ou l’autre forme de mutilation génitale féminine.
  • Si cette tendance perdure, 3 millions de jeunes filles risquent de subir des mutilations génitales féminines chaque année .
  • 44 millions de jeunes filles âgées de moins de 14 ans ont subi des mutilations génitales féminines, principalement en Gambie (56%), en Mauritanie (54%) et en Indonésie, où environ la moitié des filles âgées de moins de 11 ans ont subi cette pratique.
  • Les pays qui présentent le plus haut taux de prévalence de cette pratique parmi les filles et les femmes âgées de 15 à 49 ans sont la Somalie (98%), la Guinée (97%) et Djibouti (93%).
  • Les mutilations génitales féminines provoquent des saignements importants et des problèmes de santé tels que des kystes, des infections, l’infertilité, des complications à l’accouchement ou des risques plus élevés de décès chez le nouveau-né.
  • Les mutilations génitales féminines sont pratiquées principalement sur des jeunes filles entre la petite enfance et l’âge de 15 ans.
  • Les mutilations génitales féminines violent les droits fondamentaux des femmes et des filles.
  • Les objectifs de développement durable, et plus particulièrement l’Objectif 5, appellent à mettre un terme aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030. La cible 5.3 vise à « Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine. »
  • L’élimination des mutilations génitales féminines a fait l’objet de nombreux appels de la part d’organisations intergouvernementales, notamment l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’Organisation de la Coopération Islamique. Elle a également fait l’objet de trois résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies.
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« En Afrique, les femmes occupent 47% des emplois touristiques », selon la Cnuced

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La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a publié mercredi 5 juillet un rapport préconisant de mettre le tourisme au service de la croissance de l’Afrique. Ce secteur accélère notamment l’entrée des jeunes et des femmes dans la vie économique, comme le souligne Milasoa Cherel-Robson, économiste à la division Afrique de cette institution.

Jeune Afrique : quel bilan pour le tourisme africain ?

Milasoa Cherel-Robson : Il a contribué en moyenne à 8,5% du produit intérieur brut africain (PIB) de 2011 à 2014. Pour les petits pays insulaires, cette proportion dépasse les 50% et aux Seychelles, il atteint 62%. Le continent attire 56 millions de visiteurs par an, contre 24 dans les années 1995.

Le tourisme a généré 21 millions d’emplois directs ou indirects en Afrique. Il est un vecteur d’inclusivité fort : plus de la moitié des emplois touristiques dans le monde sont occupés par les moins de 25 ans ; sur le continent africain, les femmes occupent 47% des emplois touristiques, près d’un tiers des chefs d’entreprise touristique et 36% des ministres du tourisme.

4 touristes sur 10 sont Africains, et ceux-ci consomment localement

Le potentiel existe. Le secteur résiste malgré les conflits ou les pandémies comme Ebola. Il est un facteur de développement durable. Mais il est en deçà de ses capacités et, comme le propose le premier plan décennal de l’agenda 2063 de l’Union africaine, il faut doubler la contribution du tourisme au PIB de l’Afrique.

Comment doper le tourisme africain?

Il faut accélérer le processus d’intégration régionale, car 4 touristes sur 10 sont Africains et ceux-ci consomment localement alors que les touristes étrangers réclament des produits alimentaires ou techniques d’importation, ce qui réduit les retombées positives pour le pays visité.

L’allègement des procédures et des frais de visa aurait des effets très positifs

Il est nécessaire de jouer sur toute la gamme des produits sans oublier le tourisme d’affaires, le tourisme de congrès et le tourisme médical.  Dans ce dernier domaine, l’Afrique du Sud montre l’exemple avec 2,5 millions de touristes médicaux par an.

Il faut aussi que l’Afrique investisse dans l’énergie, pour que les hôtels ne soient plus obligés de s’équiper en groupes électrogènes dont le coût dégrade leur compétitivité.

Le Rwanda a fait passer le nombre de ses visiteurs de 283 00 en 2010 à 478 000 en 2013

L’allègement des procédures et des frais de visa aurait également des effets très positifs. Le Rwanda a ainsi pu faire passer le nombre de ses visiteurs de 283 000 en 2010 à 478 000 en 2013.

Enfin, la Déclaration de Yamoussokro du 14 novembre 1999 devrait être enfin mise en œuvre, afin de faire progresser l’intégration et la libéralisation du transport aérien africain, en harmonisant les droits de trafic et les tarifs.

Pourquoi votre rapport parle-t-il de la paix ?

Là où il y a plus d’échanges et donc de compréhension de l’autre, il y a moins de conflits. La paix favorise le tourisme et, à son tour, celui-ci peut contribuer à la paix dans les conflits régionaux tels que ceux qui ensanglantent la région des Grands Lacs. Le Rwanda n’a-t-il pas créé un tourisme dédié au génocide ? L’Afrique ne compte-t-elle pas 90 sites répertoriés au Patrimoine mondial de l’humanité ? Autant d’occasions de changer l’image des pays africains.

Le tourisme peut contribuer à la paix dans les conflits régionaux, tels que ceux qui ensanglantent la région des Grands Lacs

Il est très important de promouvoir l’esprit de paix sous toutes ses formes.  C’est une idée très forte que le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, entend remettre au premier rang de nos idéaux. Le tourisme en sera l’un des moyens.

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