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2018 : La politique russe au Moyen-Orient est bien partie

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Que cela plaise ou non, l’influence russe au Moyen-Orient grandit à pas de géant. En juxtaposant les faits, la vue d’ensemble devient claire : Grâce à son influence ressuscitée, la Russie devient la nation de confiance pour les pays de la région.

Moscou vient de conclure une affaire majeure, la construction de deux réacteurs nucléaires en Arabie Saoudite. Quatre autres pays, dont les États-Unis, étaient aussi en lice, mais ils n’ont pas eu le marché car les Russes offraient un prix plus bas, une meilleure efficacité et des conditions plus avantageuses. En accueillant le ministre russe de l’énergie, Alexander Novak, le roi saoudien Salmane était pour que les deux pays renforcent leur coopération. Moscou a signé des contrats de construction de réacteurs nucléaires en Jordanie (2015) et en Égypte (2017). Chez Aramco, la compagnie pétrolière nationale d’Arabie Saoudite, on pense investir 20 milliards de dollars dans des projets russes de gaz naturel liquéfié.

Ce mois-ci, le ministère de la Défense russe et les Libanais entament des pourparlers à propos d’un accord de coopération militaire incluant la possibilité aux navires de faire des escales, des opérations de recherche et sauvetage en mer, la lutte contre la piraterie maritime, l’usage des aéroports pour les avions militaires, des manœuvres en commun, l’échange d’informations et la venue d’instructeurs militaires russes qui formeront le personnel militaire libanais.

En Israël et au Liban, n’arrivant pas à résoudre leurs différends sur leurs frontières maritimes, les tensions montent. Jusqu’à présent, la médiation étasunienne n’a rien donné. Le différend aurait peut-être de meilleures chances d’être réglé, si les Russes jouaient les médiateurs – mission dans laquelle ils ont jusqu’ici montré une réelle compétence au Moyen-Orient. Parvenir à un accord pourrait être beaucoup plus facile avec des entreprises russes participant au projet. Les pays impliqués dans l’exploitation des gisements gaziers offshore, comme Israël, le Liban, Chypre et la Turquie, sont en bons termes avec Moscou. Cet avantage unique fait défaut aux Étasuniens. Afin de favoriser au mieux la diplomatie, les Russes ne prennent pas parti et entretiennent des relations amicales avec tout le monde.

L’été dernier, un grand marché d’armement a été signé entre Moscou et Bagdad. Selon le ministère irakien de la Défense, la première expédition de chars d’assaut T-90 est arrivée le 15 février. Le marché comporte au total 73 tanks. L’accord a été motivé par l’efficacité du T-90 dans la guerre en Syrie. Le gouvernement irakien a demandé à la Russie de l’intégrer dans les démarches de paix d’Astana, qui visent à mettre fin aux combats en Syrie. Il s’est également entendu avec les États-Unis pour que ces derniers réduisent fortement leur présence militaire en Irak.

Juste avant la visite du secrétaire d’État étasunien Rex Tillerson à Ankara, les Turcs ont annoncé avoir conclu avec la Russie un autre accord pour un deuxième lot de missiles défensifs à longue portée S-400, à livrer en 2021. Ce système étant techniquement incompatible avec l’équipement de l’OTAN, il n’intégrera pas dans l’infrastructure de l’alliance.

Les dirigeants du mouvement en faveur de l’autonomie palestinienne se sont tournés vers la Russie pour chercher le négociateur en chef qui remplacera les Étasuniens au Moyen-Orient. La région est confrontée à de nombreux problèmes qui devraient être abordés sur le plan international. La Russie peut réaliser ce que personne d’autre ne peut ou ne veut faire : organiser et accueillir une conférence internationaleavec tout ce qu’il faut pour promouvoir la paix entre Israël et la Palestine.

Le « Congrès du dialogue national syrien », parrainé par Moscou et organisé à la fin du mois de janvier, a été un pas en avant dans le règlement de la guerre en Syrie. Le rôle diplomatique des Étasuniens dans la guerre de Syrie est mineur. Ils ne collaborent même activement dans le seul forum auquel ils participent : les pourparlers de Genève sous l’égide de l’ONU. La Russie mène la danse en Syrie. C’est le seul acteur capable de prévenir le conflit qui s’annonce entre Israël et l’Iran, et de leur faire négocier un accord. Moscou peut aussi servir de médiateur entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Sotchi paraît être un endroit important pour les initiatives diplomatiques en faveur de la paix. Par exemple, les Russes ont récemment offert d’accueillir les pourparlers entre le gouvernement afghan et les Talibans. C’est pourquoi on pourrait s’attendre à voir les médias grand public mentionner le nom de Sotchi dans leurs manchettes, puisque cette ville accueille plus de diplomates et de journalistes étrangers qu’aucune autre réunion.

Un autre événement important est passé presque inaperçu des médias grand public. Le 13 février, Sergey Naryshkin, le directeur du Service des renseignements extérieurs russes, s’est entretenu avec le président égyptien Abdel-Fattah El-Sisi au Caire. Ils ont parlé de coopération en matière de sécurité. La réunion a eu lieu un jour après la rencontre entre le président égyptien et le secrétaire d’État Rex Tillerson, au moment de l’opération militaire de grande envergure entreprise par l’Égypte pour réprimer l’activité terroriste dans la péninsule du Sinaï. La Russie et l’Égypte discutent d’un accord militaire qui leur permettrait l’accès à l’espace aérien et aux bases aériennes de chacun. La situation en Libye occupe une place importante dans cet agenda bilatéral. Moscou a fait de substantiels progrès dans ses efforts pour amener toutes les factions libyennes à discuter de paix.

Les dernières évolutions démontrent que l’ère de l’hégémonie incontestée des États-Unis au Moyen-Orient est révolue. Quant à la Russie, le formidable succès de son retour dans la région comme nouveau puissant négociateur, reflète l’envol de son prestige sur la scène mondiale.

Strategic Culture FoundationPeter Korzun

Original : www.strategic-culture.org/news/2018/02/20/2018-russia-middle-east-policy-gets-off-strong-start.html

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